Un peu d'histoire...

 

POUILLOUX

 vue de Pouilloux

« Un village au cours des temps » (extraits) de J. Et M.-Cl. MARMORAT

 

D’où vient le nom de Pouilloux ?

 

L’origine en est controversée. Pour les uns, le mot « Pouilloux viendrait du latin pulliacum, terme dérivé de pulliaceus qui signifie « noir ».

Donc Pouilloux signifierait Pays Noir, mais on pas pays de mines mais plutôt pays d’essartage : pays de forêts, pays produisant le charbon de bois, pays que l’on défriche en faisant brûler les bois.

Pour d’autres, et si l’on se reporte par exemple au dictionnaire étymologique des noms de lieux : (Dauzat et Rostaing), le mot « Pouilloux » viendrait de Pauilhac : villa de Paulia.

 

POUILLOUX A L'EPOQUE ROMAINE

On a retrouvé sur la commune la trace du passage d’une voie romaine, mais les rares dalles, encore visibles il y a quelques années, se trouvent maintenant enfouies sous les remblais d’une route plus récente (Aux Autels).

Cette voie romaine serait vraisemblablement un tronçon de celle qui reliait alors Ludna (près de Belleville) à Autun.

Car on a trouvé, en différents points de la commune (Champoussot, les Autels, Le Martret), des vestiges de cette époque.

 

POUILLOUX A L'EPOQUE MOYENAGEUSE

Une partie de Pouilloux, dont les Autels, aurait alors dépendu du seigneur du Brouillat (hameau de Marizy).

La partie voisine de Ciry aurait dépendu elle, de l’abbaye mère de Fleury (c’est-à-dire la Charité sur Loire, et plus tard, Cluny), par le prieuré de Perrecy.

Le premier document sur Pouilloux est une charte du 9ème siècle mentionnée dans le tome III de Courtépée (1847) dans sa « Description particulière du Duché de Bourgogne », un contrat d’exploitation entre les forestiers de Pouilloux et le prieuré de Paray-le-Monial et de Perrecy.Photo bourg Pouilloux

Un hameau de la commune s’appelle « l’Essart ». Il en est question sous le nom de l’Escardum : lieu d’essartage. On brûlait la forêt pour créer des champs.

La commune devait d’ailleurs être assez pauvre. Toujours dans Courtépée, on parle « des habitants pauvres, qui ont droit de champoyer dans les bois de Marizy, de la Chaume et de Thomasse, selon l’intendant Bouchu dans sa description, 1666. Ils ont même joui de ces bois depuis 1272, avec Marizy et Champvent ; mais on dispute leurs droits »

Pouilloux était alors couvert de bois et de marécages, d’étangs aussi. Il en reste quelques-uns, Pierre-Poulain, l’étang Garniot, le Martret.

En ce qui concerne le hameau du Martret, J. Bernardin notait dans un numéro de la Physiophile : « le toponyme « Martret » demanderait à être expliqué. Serait-il dérivé de « martyretum », cimetière du haut moyen-âge, établi souvent près d’une voie antique ? »

 

LES DUCS DE BOURGOGNE

Pouilloux faisait, autrefois, partie du Comté du Charolais, et était la propriété des Ducs de Bourgogne.

Quand la Bourgogne est revenue au Royaume de France, le Comté du Charolais, qui était le bien personnel de Marie, fille de Charles le Téméraire, est resté en sa possession.Château du Martret Pouilloux

Or elle a épousé Maximilien d’Autriche et est devenue la grand-mère de Charles Quint. Donc Charles Quint a été comte de Charolais.

Si bien que, de 1477 à 1684, les habitants de Pouilloux n’étaient pas français mais autrichiens et dépendaient de Vienne. D’où un certain avantage : les paysans ne payaient pas d’impôts ; ni l’empereur de Vienne qui trouvait le Comté trop éloigné, ni le roi de France ne levaient d’impôt en Charolais (200 ans autrichien !).

Pour trouver vraiment des documents officiels se rapportant à Pouilloux, il faut parvenir au milieu du 19ème siècle où Pouilloux est mentionné dans les Annuaires Fournier.

En 1844 par exemple, on trouve cette description :

« Canton de la Guiche, poste de Ciry-le-Noble »

Suit une liste de commerçants installés sur le territoire de la commune : « 7 aubergistes, 2 marchands de bois, 2 boulangers, 2 usines de céramique, 1 chapelier, 2 charpentiers, 1 charron, 1 fabricant de chaux. 1 cordonnier, 5 épiciers, merciers et tissus, 3 forgerons, 1 marchand de grain, 1 entrepreneurs de machine à battre, 3 maçons, 2 menuisiers, 1 meunier, 1 liquoriste, 2 sabotiers, 1 tailleur (marchand), 1 tailleur d’habits, 2 marchands de vins ».

 

LES PERSONNAGES CELEBRES

Quand on compte parmi les hameaux celui des Autels, on est amené à faire le rapprochement avec le nom d’un poète charolais de la Pléiade : Guillaume DES AUTELS.

D’après Alfred Molin qui a présenté à l’Académie de Mâcon une étude sur le poète, la famille de Guillaume des Autels serait effectivement originaire de ce hameau.

Un écrivain, moins connu, est natif de Pouilloux. Il s’agit du capitaine REGNIER. Né au hameau du Martret, aidé dans ses études par la famille Ruaut qui avait remarqué son intelligence, il embrasse, à la fin du siècle dernier, la carrière des armes.

Dans l’infanterie coloniale, il prend part aux expéditions du Dahomey, de Madagascar et d’Indochine, puis trouve la mort dans la région de Reims le 25 septembre 1915.

Il est connu en littérature sous le nom de Pierre REY, et des habitants de la commune conservent encore son souvenir et deux livres dédicacés par lui :

« Dans le golf de Siam », et « Jacques Tissier, marsouin », dont le nom a été emprunté à un enfant du pays, et qui contient quelques jolis passages décrivant Pouilloux.

 

DEUX GUERRES

1914 - 1918

Voilà donc Pouilloux gravement touché par la guerre de 1914, comme tous les villages, puisque laEglise Pouilloux commune perd 36 de ses hommes.

L’église, de construction assez récente, est venue remplacer l’ancienne, sûrement beaucoup plus belle mais qui menaçait ruines. On ne lui adjoindra son clocher actuel qu’en 1936.

 

 1939 - 1945

Pouilloux y joue un rôle assez important puisque la ligne de démarcation – Demarkation Linie – y passait, le long de la D60, au pont du Tamaron.

Les Allemands occupent le château du Martret – c’est depuis ce temps que les demoiselles Ruaut, propriétaires, se retirent dans les communs du château, fort bien aménagés. (Tino Rossi fut prisonnier quelques jours au château du Martret).